Le deuxième point étape des
Assises de la citoyenneté visait une fois nouvelle fois à
exposer un bilan des travaux réalisés et en débattre
dans le cadre de la démarche du projet. Cette rencontre,
permettant l’échange entre habitants et intervenants
s’est organisée en cinq temps.
Premier temps, celui de l’accueil
du public autour d’un coin café annonçant la
convivialité de la matinée. Pendant ce même
temps, le public était amené à visiter l’exposition
des contributions des habitants. Deux maquettes réalisées
par des enfants du CLC durant les animations de l’été,
les "déroulés urbains" et les analyses du
travail de BazarUrbain (collectif pluridisciplinaire d’architectes,
d’urbanistes, …) ainsi que les résultats du concours
photos lancé lors du premier point étape, le 13 juin
dernier.
Dans un second temps, Annie Mouraille a accueilli
le public et a présenté le déroulement et les
objectifs de la matinée.
Ce sont Sarah Papet et Thibaut Brochier qui ont présenté
le travail réalisé par les enfants du CLSH au cours
de l’été. La maquette de la ville a été
réalisée par les 7-9 ans au mois de juillet. Cette
activité s’est inscrite dans le cadre du projet "la
ville s’imagine", à laquelle l’équipe
des animateurs a adhéré.
Pour réaliser la grande maquette de la ville, des sorties
avec les enfants pour aller à la découverte de la
ville ont été organisées la première
semaine. Ensuite, les enfants ont observé la ville sur des
cartes et différents documents avant de pouvoir commencer
le travail manuel. C’est ainsi que les enfants ont construit
le socle en polystyrène reproduisant le relief de la ville
et réalisé les bâtiments. Chaque enfant a placé
sa maison mais aussi les équipements de la ville sur la maquette.
Puis différentes zones (activités, habitations, ...)
ont été marquées avec des couleurs.
Thibaut Brochier a précisé que chaque enfant a pu
apporter ses idées au fur et à mesure de la réalisation.
Troisième temps consacré à
la présentation du travail de BazarUrbain, "Regards
croisés", composé de deux actions principales
: "visites guidées" et "ville au travail".
L’objectif de l’action "visite
guidée" a été de mettre à
jour différentes perceptions de la ville. L’exhaustivité
scientifique n’est pas revendiquée, mais la démarche
se veut être un portrait fidèle de ce qui a été
dit par les habitants.
La moitié des "guides" ont été recrutés
sur place, dans la ville, au hasard des rencontres. Cette action
n’a donc pas seulement touché les personnes qui ont
l’habitude de répondre aux sollicitations de la mairie,
les profils ont donc été très variés.
Les informations relatives à ces visites ont été
recueillies grâce à du matériel d’enregistrement
(micro-cravate, photographies et cartes du parcours). Cela a permis
de recueillir le tracé de la visite, les propos du guide
ainsi que ses haltes, accélérations, émotions,
etc. Suite à la visite guidée, une retranscription
de ce qui avait été dit par le guide a été
faite à l’écrit. L’analyse a consisté
en une comparaison entre les différents propos exprimés
pour chacun des espaces visités, afin de voir ce qui est
de l’ordre de la vision du plus grand nombre et ce qui de
l’ordre de la vision particulière.
Cette analyse a permis enfin de faire ressortir deux couleurs dominantes
d’Eybens : le vert (nature, verdure, caractère rural)
et le noir (asphalte de l’agglomération et de son réseau
routier (Rocade)). Pour Bel Air, le vert est matérialisé
par les champs de maïs qui existent "encore", et
qui symbolisent une ruralité amenée à disparaître,
mais qui est aussi synonyme d’ouverture sur le possible. Pour
les Maisons Neuves, le vert représente surtout le parc, lieu
emblématique, au sens propre du terme, du quartier.
La deuxième action, "ville au
travail" a eu pour objectif de transcrire une journée
ordinaire de travail, le quotidien de professionnels travaillant
sur le territoire communal. Cinq métiers ou activités
ont été mis à jour par cette action :
- les collecteurs d’ordures ménagères (entreprise
MOS),
- le service espaces verts de la ville d’Eybens,
- le service voirie de la ville d’Eybens,
- un facteur,
- un conseiller municipal de la ville d’Eybens.
Collecter les ordures ménagères
Cette activité est réalisée par la société
Mos. Les collecteurs enlèvent des traces plutôt qu’ils
n’en laissent et par là, ce travail est peu valorisant
pour l’individu. Les collecteurs travaillent de 6 h 30 à
13 h et ont une forte notion du service rendu au public malgré
le fait d’appartenir à une entreprise privée.
Le jour où BazarUrbain les suivait, une autre équipe
les accompagnait pour avoir des éléments de réflexion
sur la sécurité de ce travail. A ce propos, il faut
noter la dangerosité du métier quant à l’enlèvement
des ordures ménagères. En effet, les collecteurs doivent
rester très vigilants lorsqu’ils effectuent la collecte
sur les deux chaussées simultanément.
Les services techniques de la ville
Que ce soit pour l’équipe de la voirie ou celle des
espaces verts, un fort "sentiment communal" selon BazarUrbain
est relevé au sein de chaque équipe. Ce sentiment
se traduit par le souci de préserver et entretenir le "patrimoine
communal". Les espaces verts réalisent un travail d’équipe
avec de nombreux temps d’échanges, formalisés
ou non. Ce travail varie beaucoup d’une saison à l’autre,
les agents ne font pas les mêmes horaires en été
et en hiver. Ces deux services évoquent par ailleurs le problème
des espaces incertains, plus précisément de leur appartenance.
En effet, comment savoir si tel ou tel espace doit être entretenu
si l’on ne sait même pas s’il est communal ou
non ?
Le facteur
Son activité a un coté très régulier,
routinier, immuable. Sa journée est faite d’un mélange
de solitude et de rencontres.
Etre conseiller municipal
Le quotidien d’un conseiller municipal est toujours très
différent, il partage son espace de travail (bureau) avec
d’autres conseillers. Il s’organise entre vie "politique",
professionnelle et personnelle. Il a tenu à présenter
l’ensemble des agents avec lesquels il collabore à
BazarUrbain.
Ces professionnels ont une très forte idée du service
rendu au public. Mais ils n’ont pas toujours une image valorisante
de leur travail. Les professionnels ont conscience de l’importance
des problématiques liées à la sécurité.
Un quatrième temps a été
consacré à la présentation des résultats
de l’enquête sur la qualité de vie à Eybens.
Cette démarche visait trois objectifs simultanément
: sensibiliser le public aux Assises de la Citoyenneté, recueillir
l’opinion des eybinois sur le développement durable
et recueillir la position des eybinois vis à vis des démarches
participatives.
L’échantillon de 142 personnes est représentatif
pour les variables "âge", "sexe" et "situation
familiale". Parmi les résultats frappants, on observe
que les éléments les plus importants pour la qualité
de vie des eybinois relèvent de la sphère privée
: santé, confort de l’habitation, famille, sécurité,…Les
eybinois par ailleurs, semblent satisfaits de leur environnement
naturel excepté en ce qui concerne la qualité de l’air
et le bruit.
Finalement, et dernier temps de cette rencontre, les échanges
autour de ce qui avait été exposé. Le maire
a souligné l’intérêt de la démarche
globale qui permet des retours autres qu’institutionnels et
a insisté sur l’importance du mot "commune"
: quelque chose que l’on partage, ensemble. Il a également
noté l’importance du service public dans la vie de
tous les jours.
Une remarque d’une habitante a permis de rappeler que la
participation citoyenne est plus vaste que les instances de participation
mises en place à Eybens, que seulement trente personnes étaient
dans la salle mais que beaucoup d’autres se sont impliquées
pour "faire" cette journée (concours photos, maquettes
des enfants du CLC, répondants à l’enquête
sur la qualité de vie, travaux de BazarUrbain ...). Cette
intervention a aussi constaté que d’éduquer
son enfant ou encadrer des jeunes dans les clubs sportifs est également
une façon de participer à la citoyenneté.
Le maire a bien noté que la participation citoyenne est
multiple. Sa volonté est forte de ne pas inscrire la municipalité
et les habitants dans un rapport clients - fournisseur.
Le thème de la disparition de la campagne a été
également abordé lors de cet échange. En effet,
un habitant s’est dit inquiet de voir disparaître la
campagne à Eybens. Le maire s’est montré intéressé
par ce thème. Par là même, il souhaite en reparler
et échanger sur ce sujet. Mais il entend la campagne vraie,
et non les espaces organisés en rapport à la nature
et rappelle les désagréments que cela a déjà
engendré (il cite les pétitions contre les chants
des coqs ou encore celles contre l’odeur des tas de fumier).
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