Vous êtes ici : Accueil > Histoire et patrimoine > 39-45 : paroles de résistants > Les formes de résistance
Association "L'Histoire d'Eybens"
   
 
La résistance est souvent associée aux maquis. On oublie fréquemment qu’elle fut aussi présente dans le monde industriel, les administrations et les services publics. Elle nécessita également des activités de transmission d’informations et de ravitaillement. Des hommes et des femmes de tous âges y ont participé.
“Notari est venu me voir, il m’a dit : Il faut vite foutre le camp car tu es recherché. Et mon gosse avait deux jours ! C’est là où je pars au Maquis. Le premier mai je rejoins à pied le commandant Julien. (...) J’ai atterri à Monchaffrey, je suis resté une quinzaine de jours et j’ai fait pas mal d’opérations avec eux. (...)
Les brigadiers Lauroz et Mury avaient rejoint le maquis de l’Oisans quand on avait donné l’ordre de partir. Parce que quand la police est partie, la première fois on devait prendre un car. J’avais été chercher 200 litres d’essence. On avait préparé le car, embarqué toutes les armes de la police pour monter avec. Le fusil mitrailleur était installé sur le car. Enfin bref on devait partir le matin et on était tous prêts. Un ordre qui revient : on ne part plus, rentrez vite chez vous, terminé, rayé, il n’y a plus de départ. On partait en car, on allait prendre une ramassée à Vizille à tous les coups, oh malheur ! (rires) (...)
Et le deuxième départ de la police, alors là, il a fallu partir à pied. Moi j’ai rejoint Montchaffrey. Ensuite on est monté au Luitel parce qu’il a fallu décrocher : on ne peut pas dire qu’on était bien situé pour se planquer, alors Julien a fait dégager le camp, on est parti avec tout le barda et l’on est monté dans les baraquements des Chantiers de jeunesse au Luitel. (...)
Là au Rivier, on a fait une section. Il y avait vraiment une section de la police. On était bien une trentaine. Alors il y en a qui faisaient la popote et puis moi ils viennent me chercher : Tu n’es pas affecté là, il faut que tu viennes, tu es affecté comme chauffeur du capitaine Lanvin. Bon, me voilà reparti. Je me suis présenté à Lanvin. C’était le 16, 17 mai à peu près. Mes interventions : conduire Lanvin dans tous les postes avancés.
Le lendemain, un autre contre-ordre : tous les flics qui étaient partis devaient descendre, retourner en ville parce que la Gestapo les cherchait. Il n’y avait plus un flic à Grenoble ou alors quelques uns mais le noyau, le gros noyau était parti. Il a fallu redescendre et Lanvin les a fait déchausser pour garder les chaussures, et ils sont rentrés à Grenoble pieds nus ! (rires)
Ils lui en ont voulu, ils n’ont jamais accepté ce truc-là."
Raymond Bornat (Eybens)
Durant la période de l’Occupation, Raymond Vincent travaille aux P.T.T. où arrivent parfois des lettres de dénonciation à l’intention de la Gestapo ou de la milice :
"Le télégraphe-téléphone était au premier et au rez-de-chaussée, il y avait le service postal. Alors là, on avait l’occasion de discuter et on se trouvait à la table d’ouverture. Les sacs qui arrivent sont vidés sur cette table et chacun range ses lettres pour les faire trier après par les facteurs. Là quand on voyait une lettre de dénonciation -on en voyait pas tous les jours parce que ça n’arrivait pas tout le temps- vite on la mettait de coté et c’est bon, ça partait. On en prenait deux, trois, on les mettait dans notre sacoche et on s’en allait, puis on les passait à René Surle, notre responsable, qui les détruisait."
Raymond Vincent
Marcel Buisson explique que la ferme familiale ou se trouvait aussi le café de ses parents était un important lieu de stockage de matériel destiné au maquis.
"C’était une camionnette de la viscose qui amenait des tracts, des vêtements, des armes. C’était la nuit. J’aidais mon père à cacher ces armes sous le plancher dans le grenier. Il n’y a que moi qui savait... Tous ceux qui partaient au maquis passaient au café pour prendre des armes. Lejczak de la Viscose, mon frère René, Louis Racca, Eugène Fagniel venais souvent. Fagniel faisait la liaison avec mon père et le maquis. Avant sa mort, il était venu chez nous prendre des armes. Ils étaient très amis. Plus tard, on a créé le challenge de boule Fagniel/Buisson.
Quand les maquisards passaient, ils dormaient dans le grenier. Après lorsque les Allemands brûlaient les fermes sur le plateau de Saint-Nizier, mon père a voulu effacer toutes les traces du passage des maquisards. Je me souviens que l’on avait étendu toutes les couvertures dans les champs.
Marcel Buisson
 
 
 
 
Extraits de témoignages...
Des années de privation
La déportation
 
 
 
     
   
Accueil