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Un maître, un valet. Ils
parlent, ne font que parler.

Ou plutôt, le maître alterne rumination misanthropique et sombres
silences, tandis que le valet se voue à une quête opiniâtre,
pressante, du sens des propos du maître. Absurdement, il en attend une
sorte de salut.
S'obstinent, persévèrent, s'enferrent..., titre énigmatique,
fragment de phrase auquel manque le sujet, est aussi l’enchaînement
serré et souvent comique de deux paroles, dont l’opposition témoigne
finalement d’un même effondrement du pouvoir des mots à rendre
l’existence supportable, dès lors qu’un événement
dramatique y a fait effraction.
À première vue, cela ressemble à la forme classique du dialogue
philosophique entre un maître et son valet. Mais l'univers de Jean-Claude
Hauvuy est tout de suite plus déjanté. Le maître, acariâtre
et miné par d'inavouables questions, est diaboliquement scruté,
envahi, par un valet obsessionnel en pleine reconstruction mentale. On assiste
alors à une quête effrénée du mot juste, de la précision
du langage. Et lorsque le mot manque, d'effrayantes béances se révèlent.
L’écriture, singulière, étourdissante et jubilatoire,
ne ressemble à rien de ce qui s’écrit dans le théâtre
français d’aujourd’hui.
Le valet : Roland Depauw
Le maître : Vincent Bady
Texte : Jean-Claude Hauvuy
Mise en scène : Laurent Vercelletto
Coproduction : Les Célestins - Théâtre de Lyon, Vercelletto
et Cie
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